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Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

La nostalgie de la mort. Le suicide dans Schopenhauer et dans Mainländer

Sandra Baquedano Jer

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Arthur Schopenhauer juge le suicide une action condamnable. Selon sa « métaphysique de la volonté », il ne représente pas la négation de la volonté universelle, qui prend la place de la rédemption dans sa philosophie (cette négation aurait plutôt lieu dans l’ascétisme). Le suicide est, au contraire, seulement la négation d’une manifestation de la volonté, mais affirme la volonté en général: « L’essence de la négation n’est point le fait de détester les souffrances, mais de détester les plaisirs de la vie. Celui qui se suicide veut la vie, et il est seulement mécontent des circonstances. »

Ce jugement de Schopenhauer est fondé sur sa métaphysique et d’une abstraction théorique qui est probablement hors de la pensée du souffrant qui décide de ce suicider. Si la souffrance – par exemple celle d’une maladie inguérissable (soit physique, soit psychique) – est irréversible, elle provoque un désir ou une nostalgie du néant, et ce néant est identifié avec la mort.

Inspiré par la lecture de Schopenhauer, Philipp Batz, nommé Mainländer (1842-1876), a conçu une métaphysique qui pose le suicide sur un plan théologique et cosmologique, en tournant la théologie en athéisme. Dans son œuvre centrale, la Philosophie de la Rédemption (1875), Dieu est vu comme une unité, un « super-être » qui est fatigué de sa perfection et choisit sa propre destruction, le « big bang » dans des termes modernes. Ainsi, le « non-être » (ou néant) est voulu par Dieu même. Le monde consiste des fragments de l’unité primordiale; ces fragments ont le même désir du néant. Ils luttent entre eux et ainsi faiblissent jusqu’à leur destruction, c’est à dire, Mainländer présente une téléologie négative.

Cette « loi de l’affaiblissement » est pour l’Homme une « loi de la souffrance ». La souffrance fait douter l’Homme de sa volonté de vivre; elle décèle une volonté plus essentielle, celle de la mort qui est vue comme une « nuit calme », une libération.

Finalement, il se pose la question: Est-ce que quelqu’un peut mourir pour un argument ontologique, ou même pour une vérité? Galiléo Galilei ne l’a pas fait. Mainländer, au contraire, n’avait pas seulement la théorie d’une telle téléologie négative, mais il l’éprouvait – et ainsi, il s’est suicidé le 1 avril 1876, tout en sachant que la mort n’est pas la conclusion nécessaire de cette métaphysique: « Au-delà du monde, il n’y a ni un lieu de la paix ni un lieu de la souffrance, mais seulement le néant… Par cette vérite, l’un peut être repoussé vers l’affirmation de la volonté, l’autre peut être tiré puissament vers la mort. »