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Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

Nostalgie et positionnalité excentrique: Une contribution de couleur plessnerienne au sujet de la condition humaine

Richard Scheringer

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1. NOSTALGIE (« Sehnsucht »)

Qu’est ce que la nostalgie? – D’après l’Encyclopédie Historique de la Philosophie (« Historisches Wörterbuch der Philosophie »): désir intense de quelque chose, employé surtout si il y a peu d’espoir d’atteindre l’objet désiré.

Nous la « définissons » ainsi: une disposition de la conscience qui contient une direction / orientation, ou bien une aspiration, vers quelque chose qui n’est pas présent (soit dans l’espace, soit dans le temps).

Ainsi, elle sera necessairement problématique de quelque manière.

2. POSITIONNALITE EXCENTRIQUE

est la condition humaine.

« Positional » signifie le fait de devoir prendre une position: le fait d’être en une relation dynamique, active avec un environnement duquel on se délimite. Un corps positional (1) maintient un espace, il ne le remplit pas seulement (2) se trouve mis contre son environnement et non seulement au-dedans; (3) son être transcend lui-même et ses limites. D’après Plessner, chaque être vivant est positional.

« Excentrique » signifie que le fait d’être centré, d’être un corps et d’être dans un corps (la positionnalité) se maintient, mais que l’homme – l’être excentrique – est aussi détaché de ces faits. La positionnalité excentrique suit entièrement le principe de la reflexivité.

Etant homme, d’un côté je suis mon corps, mais d’autre côté je l’ai: je peux en user comme moyen. – Et je sais que je suis mon corps et que je l’ai pourtant. De cette façon, je suis détaché du corps, je suis excentrique. – Cependant, je reste toujours dans mon corps; je n’en peux pas sortir.

Quelle est donc la relation entre moi – étant homme – et mon monde? – « Mon » monde se divise en trois mondes: (1) monde interne (2) monde externe (3) monde commun (monde social et aussi intellectuel).

Dans le monde interne, je m’éprouve d’un côté comme âme (mon Moi interne, toujours présent pour moi), d’autre côté comme expérience (tourné vers moi-même, je ne peux que m’expérimenter, ça veut dire: en des actes particulaires où je me mets en une relation avec moi-même).

Dans le monde externe, je m’éprouve comme corps = « Leib » (centre absolu de l’ici et du maintenant; autour de ce centre, tous les autres corps sont arrangés) et comme corps = « Körper » (un objet entre d’autres objets dans l’espace fixe et inchangeable).

Dans le monde commun, je « construis » mon « moi social » à condition de le délimiter contre les autres, de l’individualiser; mais aussi à condition d’être pour les autres.

Il y a le dilemme d’être dans une situation de vie, mais aussi d’être détaché d’elle parce que nous la saisissons sans la comprendre entièrement.

Il n’existe pas d’issue de ce dilemme. Etant hommes, nous devons encore nous faire ce que nous sommes . Nous ne pouvons pas seulement vivre notre vie, nous devons la mener / conduire. Nous n’avons pas de relation directe avec notre situation de vie.

L’homme est hors balance – excentrique –: il est sans lieu, il se trouve dans le néant. Sa balance doit être créée artificiellement par lui même. Mais les créations ne sont des créations que s’il est possible de les séparer de leur créateur. Ainsi, lorsque l’homme a créé quelque chose, il a fini cette chose et la transcende. Donc, il doit toujours créer quelque chose de nouveau pour ne pas périr dans le néant qu’est l’état d’être dans un milieu qui n’est pas lui-même un lieu.

3. SYNTHESE

La nostalgie (« Sehnsucht ») est justement ce milieu sans lieu qui résulte de l’acte de se transcendre. Si elle persiste, l’homme ne peut pas être homme parce qu’il reste ou il ne peut pas rester.

Pourquoi est-ce que je ne peux pas rester dans l’état de nostalgie? – En restant dans cet état qui est le fait d’être en relation avec quelque chose de non-présent, je commence déjà de créer le lieu de la nostalgie. Cet acte de création fait naître ce qui pourra se mettre en relation avec moi, ce qui sera en face de moi.