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Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

Nostalgie du niveau objectif

Johann Gudmundsson

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Ce discours traite du niveau objectif, du méta-niveau et de leur relation. La thèse centrale est que les débats de l’idéalisme allemand – dans les œuvres de Fichte, Schelling et Hegel – sont des discussions de ce problème, en particulier relativement à Kant. Surtout dans sa théorie dualiste de la conscience, il se revèle quelque chose d’insuffisant pour les idéalistes. Il y a un abîme infranchissable entre ce que l’on est (conscience de soi sur le niveau objectif, « an sich ») et l’expérience de soi-même (sur le méta-niveau, « für sich »). Cette situation n’est point satisfaisante dans un système philosophique. A plusieurs élans, les idéalistes allemands s’efforcent de trouver une façon de penser dans laquelle le savoir sur le méta-niveau soit égal à ce qu’il traite (« contemplation intellectuelle » , « an und für sich »). Cela est la réalisation théorique – elle-même sur un niveau très méta – de la nostalgie du niveau objectif. Il reste alors la nostalgie du niveau objectif dans la vie pratique qui ne peut s’accomplir que si les pensées de la philosophie idéaliste reprennent elles-mêmes leur place dans la vie. Cette situation renvoie aux arts, à la poésie et à la religion ; d’après Schelling, ceux-ci s’accomplissent dans la réalité, alors que la philosophie ne se fait valoir que dans la théorie, c’est á dire dans l’idéalité.

A partir de cette structure de pensée la nostalgie et ses variations ont pu développer tant d’importance dans l’époque post-kantienne. Autant l’idéalisme allemand est redevenu actuel dans nos jours, autant la nostalgie est beaucoup plus qu’une conception historique.