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Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

Mythos: le potentiel social et politique de la nostalgie

Jörg Albrecht

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La nostalgie peut agir de façon progressive ou régressive; elle peut être en rapport avec des attitudes révolutionnaires autant que réactionnaires. Après la conférence de Richard Scheringer qui a analysé la nostalgie sur le niveau anthropologique comme « un milieu qui n’est pas lui-même un lieu » (« ortloses Zwischen »), je voudrais diriger l’analyse vers le champ social, notamment vers la question de savoir comment des nostalgies collectives sont produites ou guidées vers une certaine direction.

Cette analyse s’effectuera à la suite de la conception du mythe présentée par Georges Sorel (1847-1922) dans les « Réflexions sur la violence » (1906). Contraire aux conceptions qui comprendent le mythe comme histoires sur des dieux ou comme cosmogonies, c’est-à-dire comme narrations phantastiques de valeur plutôt artistique, Sorel conçoit les mythes comme institutions socio-politiques qui ont le potentiel de produire des dynamiques sociales. Cette conception du mythe, distinguée par Sorel de l’utopie, n’est pas déterminée par son contenu ou par sa concordance avec la réalité, mais par les effets qu’il produit dans des groupes sociaux, spécialement en mobilisant les masses. Ici, le mythe n’est pas la description des choses, mais l’expression de volontés, de convictions morales, par un « ordre d’images » qui, en mettant les espoirs et les nostalgies en évidence, produit des opinions et des affections. Pour le syndicaliste Sorel, c’est surtout le mythe de la « grève générale ».

Après un bref retour sur le niveau de l’individu – au moyen de la théorie des affections de Spinoza – je voudrais ébaucher une possibilité de mettre en évidence la transition du mythe à l’affection (par exemple la nostalgie) et à l’action (par exemple la révolution). Pour finir, il sera approprié d’ajouter quelques remarques sur la relation entre le « mythe » et l’ « idéologie » et sur les dangers inhérents dans le mythe présenté par Sorel, surtout à l’égard du fascisme.