Revista.doc

Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

Nostalgie et crime – hypothèses philosophiques sur l’éducation et son importance dans la politique de l’intégration

Frauke Annegret Kurbacher-Schönborn

Texte (pdf)   |   en arrière|zurück|voltar

La disseration psychologique de Karl Jaspers sur le sujet de Nostalgie et crime (Heimweh und Verbrechen) éclaircit le problème de la précarité cachée dans le phénomènes de la nostalgie et le mal du pays. Plusieurs cas de crime extrêmement brutaux, commis sans raison apparente par des jeunes femmes et déjà expliqués dans la psychologie pré-freudienne par la nostalgie, inspirent la question anthropologique si l’homme est au fond précaire, ‚sans lieu‘ (‚unverortet‘). C’est ce problème qui lui donne la possibilité, mais aussi la contrainte, de trouver une orientation.

Dans l’histoire de la philosophie, la réflexion théorique a toujours discuté si des attitudes spécifiques pussent aider à trouver une telle orientation dans la vie. La conception de la nostalgie – que Jaspers analyse du point de vue psychologique tant que philosophique et trouve qu’elle idéalise ce qui est dans le lointain et à la fois refoule le présent – se relève comme particulièrement explosive si celui qui a la nostalgie ne sait pas traiter de façon créative la situation difficile d’être loin du pays, ou même s’il ne sait pas exprimer ses sentiments dans cette situation. Cette incapacité renvoie aux questions de l’éducation ou de la culture: celle-ci permettraient de trouver une attitude avec laquelle celui qui a une nostalgie tellement fatale pourrait traiter et soi-même et le monde; une attitude dont le manque provoque les crimes mentionnés.

Les études de Jaspers provoquent la question si chacun qui est écarté de son pays (‚heimatlos‘) possède un tel potentiel de violence, violence qui essayerait de restituer l’état qui est l’objet de la nostalgie sans savoir que cet état n’existe que dans l’imagination. Ainsi, cette question transcende le cadre anthropologique et entre dans les discussions actuelles sur les réfugiés, le droit d’asile, la migration etc. A partir de ces réflexions de Jaspers qui concernent la relation entre la possibilité d’une attitude de l’éducation, on peut attribuer à nos sociétés une responsabilité spécifique – non seulement juridique ou politique – de fournir et de nourrir une éducation qui permettrait de trouver l’orientation décrite en haut. Cette responsabilité reste encore à être analysée.