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Ano IX | nº 6 | Julho/Dezembro 2008 | Publicação Semestral

Résumé

ATOMKRAFT SEHNSUCHT - nostalgie nucléaire

Bruno Miguel Gouveia Antunes

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Depuis longtemps (et certainement depuis Einstein) qu’on n’envisage plus la « physis » exclusivement dans son versant spatiale, mais bien aussi dans son versant temporel. Je n’ai pas l’intention de me pencher sur la course à l’énergie (ou à l’armement) atomique, nucléaire. Je n’ai pas non plus l’intention de me pencher sur la guerre en Iraq, dont le prétexte était (on se souvient bien) de chercher à voir des armes nucléaires, là où il n’y avait pas. Je veux me pencher sur la temporalité (aussi bien que sur la spatialité), sur le cœur central, nucléaire, de toute possibilité de nostalgie: le moment présent; et analyser comment la force de la nostalgie peut chercher à voir, où et quand.

Regarder comment s’écrasent nos rêves d’éternité; comment se coupe le fil de notre existence dans la distance future dont on ne connaît pas la mesure, mais dont on s’approche, involontairement; comment la séparation s’insinue parmi notre entourage et nous enlève chaque instant qu’on voit partir, vers la distance irrécupérable du passé, involontairement: c’est regarder combien il se rend „inhumain“, au quotidien, „l’aspect mécanique de nos gestes“, involontairement.

Nous pouvons, volontiers, cependant, chercher à libérer la „vie“ de la mortification de chaque instant, et les méthodologies surréalistes, situationnistes, et la via negativa du Théâtre Laboratoire (de Grotowski) l’expérimentèrent : ces « enfansts perdus » cherchèrent à libérer leurs vies (et la vie de ceux et celles avec qui ils ont partagé leurs vies) de cette intromission de „l’inhumain“ au coeur de la manifestation même de la vie humaine, de cette intromission qui rend „mécanique“, „l’aspect de nos gestes“, „éloignant dans une représentation“, virtuelle, automate et autiste, „tout ce qui“ pourrait être collectivement, viscéralement et „directement vécu“. Où? Ici, au cœur nucléaire de toute possibilité de nostalgie: le corps humain dans l’environnement psycho géographique du présent.

Et tant que nous ne vivrons pas directement, les distractions spectaculaires, que nous programment les journées les semaines, les années et enfin la mort, ne servent qu’à camoufler notre attente latente:

notre Atomkraft Sehnsucht envers le présent.